‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 276 sur 465 · ACTE IV, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IV

Ont fait naître un divorce en la maison royale , Qui part d'un zèle ardent et d'une âme loyale.

PALMIRAS.

Ce divorce vous monte en un si haut degré , Que vous serez ingrate , ou vous m'en saurez gré.

NARSÉE.

La reine étant aux fers, toute grandeur m'est vaine.

PALMIRAS.

L'état ne connoît plus et n'a que vous de reine.

NARSÉE.

Vos devoirs , en effet , me le montrent assez.

PALMIRAS.

Je vous en ai rendu plus que vous ne pensez.

NARSÉE.

Entre autres ce dernier prouve fort votre zèle.

PALMIRAS,

Vous saurez quelque jour si je vous suis fidèle.

NARSÉE.

Si l'on craint pour le roi , je réponds de ses jours,

PALMIRAS.

J'en réponds sans vos soins et sans votre secours.

NARSÉE.

J'admire quelle ardeur son salut vous excite.

PALMIRAS.

Le temps vous en fera connoître le mérite.

NARSÉE.

J'ai, malgré mon courroux, du respect pour le roi.

PALMIRAS.

Quand vous me connoîtrez , vous en aurez pour moi .

388 COSROES,

NARSÉE.

Quel objet de respect! l'ennemi de ma mère!

PALMIRAS.

Votre mère plutôt m'a toujours été chère !

NARSÉE.

Vous la faites du moins garder avec grand soin.

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