PALM IRAS
Je m'expliquerai mieux quand il sera besoin.
NARSÉE.
Enfin tout mon crédit , ô déplorable reine ,
De vos persécuteurs ne peut vaincre la haine ;
Et , pour toute réponse aux plaintes que je perds ,
On dit qu'on vous chérit quand on vous tient aux fers.
O barbare amitié qui produit le servage ,
Dont les pleurs sont un fruit , et les chaînes un gage !
PALMIRAS.
Ni la mort de Sira , ni sa captivité N'importe en rien, madame , à votre majesté.
NARSÉE.
Ah ! comment contenir la douleur qui m'emporte ?
La prison de Sira ni sa mort ne m'importe !
Qui m'ose proposer cette fausse vertu ,
Dans les flancs d'une femme a-t-il été conçu?
Ou, naissant, suça- 1- il au sein d'une lionne
Les cruels sentimens que mon malheur lui donne?
PALMIRAS.
Votre ennui m'attendrit. O nature , il est temps Que tu mettes au jour un secret de vingt ans, Que tu sois révérée au sang où tu dois l'être , Et qu'aux yeux de sa fille un père ose paroître.