‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 277 sur 465 · PALM IRAS · texte numérisé non relu

PALM IRAS

Je m'expliquerai mieux quand il sera besoin.

NARSÉE.

Enfin tout mon crédit , ô déplorable reine ,

De vos persécuteurs ne peut vaincre la haine ;

Et , pour toute réponse aux plaintes que je perds ,

On dit qu'on vous chérit quand on vous tient aux fers.

O barbare amitié qui produit le servage ,

Dont les pleurs sont un fruit , et les chaînes un gage !

PALMIRAS.

Ni la mort de Sira , ni sa captivité N'importe en rien, madame , à votre majesté.

NARSÉE.

Ah ! comment contenir la douleur qui m'emporte ?

La prison de Sira ni sa mort ne m'importe !

Qui m'ose proposer cette fausse vertu ,

Dans les flancs d'une femme a-t-il été conçu?

Ou, naissant, suça- 1- il au sein d'une lionne

Les cruels sentimens que mon malheur lui donne?

PALMIRAS.

Votre ennui m'attendrit. O nature , il est temps Que tu mettes au jour un secret de vingt ans, Que tu sois révérée au sang où tu dois l'être , Et qu'aux yeux de sa fille un père ose paroître.

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