SCENE PREMIÈRE
SIRA, SARDARIGUE, Ga.rdes.
SIRA
JVloi lâche! moi le craindre au point de le prier! Moi qui porte un cœur libre en un corps prisonnier ! Moi de quelque terreur avoir l'âme saisie , Après que sous mes lois j'ai vu trembler l'Asie , Et qu'on a vu mon sang , fertile en potentats , Avec tant de splendeur régner sur tant d'états ! Après le vain effort de la rage et des armes , Tenter pour le toucher des soupirs et des larmes ; Que mon fils dépendît devant donner la loi , Et qu'il vécût sujet ayant pu mourir roi ! Ma rage est avortée et mon attente est vaine. Mais , quoique sans effet , j'ai témoigné ma haine ; Un ministre effrayé ne l'a point attaqué, Mais j'ai toujours armé le bras qui l'a manqué , Et l'honneur de mourir au moins son ennemie De la mort que j'attends ôtera l'infamie. Si pour ce qu'à mes yeux il reste de clarté J'avois à souhaiter un peu de liberté,