ACTE V, SCENE II. SgS
Prononçant mon arrêt, chasse -moi de ces lieux. , Tyran, délivre -moi de l'horreur de tes yeux; Chaque trait m'en punit , chaque regard m'en tue , Et mon plus grand supplice est celui de ta vue.
SIROÈS
Il vous faut affranchir d'un si cruel tourment.
(Aux satrapes.)
Princes, délivrez -l'en par votre jugement.
SIllA.
Délibère , cruel , consulte tes ministres ;
Nos malheurs sont le fruit de leurs avis sinistres ;
Ce reste de proscrits échappés aux bourreaux
Ne pouvoit s'élever que dessus nos tombeaux ,
Et ne peut recouvrer que par notre disgrâce
Dans le gouvernement les rangs dont on les chasse ;
Ils ont grand intérêt en la mort que j'attends ;
Ne crains point , leurs conseils iront où tu prétends.
Hé bien , perfide ! et vous , lâches suppôts de traîtres ,
Qu'avez-vous résolu, mes juges et mes maîtres?
SIROÈS, lui montrant le poignard et le poison qu'un
garde lui présente.
On m'a de votre part apporté ces présens .
SIRA
Hé bien?
SIROÈS
Les trouvez -vous des témoins suffîsans, Ou s'il faut autre chose afin de vous confondre ?
Quand j'ai tout avoué, je n'ai rien à répondre;
Je prends droit par moi-même , et mon plus grand forfait
Est non d'avoir osé , mais osé sans effet.
394 COSROÈS,
SIROÈS
Les instrumens du mal le seront du supplice : Choisissez l'un des deux, et faites -vous justice.
SIRA
C'est quelque grâce encor, je n'osois l'espérer;
Je choisis le poison, fais -le -moi préparer:
Je l'estimerai moins un poison qu'un remède
Que je dois appliquer au mal qui me possède ;
Le goût m'en sera doux , au défaut de ton sang ,
Dont avec volupté j'eusse épuisé ton flanc.
Je préfère à la vie une mort salutaire ,
Qui me va délivrer des mains d'un adversaire.
Mais joins une autre grâce au choix de mon trépas ,
Tyran , fais que mon fils y précède mes pas ,
Pour le voir par sa mort exempt de l'infamie
De recevoir des lois d'une main ennemie ;
Vivant , de son crédit tu craindrois les effets.
Vos vœux sont généreux, ils seront satisfaits. Qu'il entre , Sardarigue , et remenez la reine.
%v&.K^ avec emportement.
Reine est ma qualité , quand tu sais qu'elle est vaine Hier j'étois ta marâtre, et je tiens à grand bien De mourir aujourd'hui pour ne t'être plus rien.
(Elle sort avec Sardarigue et les gardes. ) PALMIRAS.
Donnez au désespoir ces reproches frivoles.
SIROÈS
Elle est femme , elle meurt , et ce sont des paroles ; Bien plus , si l'intérêt de mon autorité