SCÈNE IV
SIROÈS , PALMIRAS, PHARNAGE, Gardes.
PALMIRAS.
J'admire la vertu qu'un sceptre nous apporte ,
Vous le méritez, sire, avec cette âme forte;
Et c'est en ce grand cœur qu'on ne méconnoît plus
L'héritier d'Artaxerce et le sang de Cyrus.
Vous vaincrez tout, grand prince, en vous vainquant vous-même ;
4oo COSROES,
Mais il reste une épreuve à cette force extrême ,
Et c'est ici qu'il faut montrer tout Siroès.
(A un garde.)
Garde , avec Sardarigue amenez Cosroès.
(Le garde sort.) SIROÈS.
Attends , garde.
PALMIRAS.
Seigneur , il vous est d'importance De joindre
SIROÈS
Ah ! c'est ici que cède ma constance , Qu'interdit, qu'effrayé, je ne sens plus mon rang, Et qu'en mon ennemi j'aime encore mon sang. O nature !
PALMIRAS.
Il s'agit d'une grande victoire, Et rarement , seigneur , on arrive à la gloire Par les chemins communs et les sentiers battus.
SIROÈS
Ah! j'ai trop pratiqué vos barbares vertus; Je ne puis acheter les douceurs d'un empire Aux dépens de l'auteur du jour que je respire.
PHARNACE
Ce tendre sentiment vous vient hors de propos ; Il faut de votre état assurer le repos.
SIROÈS
Je m'en démets, cruels; régnez, je l'abandonne, Et ma tête à ce prix ne veut point de couronne ; Mon cœur contre mon sang s'ose en vain révolter; Par force ou par amour il s'en fait respecter. A mon père, inhumains, donnez un autre juge,