‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 302 sur 465 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

CLÉONIE.

Je te croirai plutôt, épargne tes sermens. Mais d'où procède donc la haine illégitime Dont un jeune étranger veut noircir ton estime ? Théaste, m'a-t-il dit avec mille dédains, Est un homme léger entre tous les humains. Et l'infidélité n'a jamais fait paroître De telles lâchetés qu'en l'esprit de ce traître. Le ciel souffre à regret ce monstre des mortels , Et les siècles passés n'en ont point vu de tels.

THÉASTE.

Faites mes yeux témoins de son extravagance.

CLÉOWIE.

Te dis-je pas hier qu'il fuyoit ta présence,

Que j'ignore son nom, et que depuis deux jours

Il habite en ces lieux et me tient ces discours ?

THÉASTE.

Savez -vous son logis?

CLÉONIE.

Que veux -tu que je die?

Il ne me veut parler que de ta perfidie ; Il me cèle son nom, son logis, ses parens. Et ta seule inconstance est ce que j'en apprends.

THÉASTE.

Adieu, si je le vois, ma vengeance et sa peine Rendront à vos beautés mon ardeur plus certaine ; Il désavoûra tout au point de son trépas.

CLÉOWIE.

Quand il auroit dit vrai je n'en pleurerois pas.

EIN DU PREMIER ACTE

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