SCENE PREMIERE
THÉASTE, ÉVANDRE.
THÉASTE.
Je sais la vaine attente où mon amour s'obstine; Je creuse mon tombeau, je cherche ma ruine; Mon désespoir suivra cet inutile effort, Et j'adore en ses yeux la cause de ma mort. Mais que m'opposes-tu? Souffre que j'obéisse Aux lois de mon malheur, et que je me trahisse. Au penser seulement de rompre ma prison. Tous mes sens révoltés combattent ma raison; Et mon mal m'est plus doux que la moindre pensée De chasser de mon cœur cette ardeur insensée.
ÉVANDRE
Pareil à ces enfans que la peur de mourir Touche moins que l'aspect de qui les peut guérir ; Qui , sans prévoir l'effet du mal qui les possède , Ne peuvent supporter médecin ni remède ; Tel votre lâche cœur tremble au simple conseil De mettre sur sa plaie un premier appareil. Ainsi tous les amans s'obstinent à leur perte ,