‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 306 sur 465 · ACTE II, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IL

Lâche, qu'un prompt départ de ces lieux te retire, Ou ton sang répandu prouvera mon martyre,

ÉVANDRE

Voyez, à la pâleur dont son visage est peint. S'il peut avec plus d'art témoigner ce qu'il feint. THÉASTE,à Florimonde qui le retient.

Souffrez....

ÉVANDRE en riant»

Qui ne croiroit que son esprit s'altère? Et qui ne diroit pas : Théaste est en colère?

THÉASTE.

Traître, indigne sujet de mon affection.

(A Florimonde.)

Madame, consentez à sa punition.

ÉVANDRE

O dieux ! qu'il est adroit ! et par quel artifice D'un simple passe-temps il fait un vrai supplice ! Qui d'un mal si bien feint n'auroit quelque soupçon? Ne le croyez pourtant que de bonne façon. Adieu.

(Il sort en riant. ) THÉASTE.

Tu fuis en vain, lâche objet de ma haine; D'une heure seulement tu diffères ta peine. Et ni soin, ni faveur ou du ciel ou du sort Ne divertiroient pas le moment de ta mort.

Ainsi , continuant l'honneur que vous me faites , Une ardeur inutile en rompt de si parfaites ; Vous m'aimez, je le crois; mais ne savez-vous pas Que je hais ce mot seul autant que le trépas? Ne m'espérez jamais ni douce ni traitable :

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