‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 307 sur 465 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

Quand j'ai fait un dessein il est irrévocable ; L'Amour rend à mon cœur ses titres absolus , Avec condition de ne me l'ôter plus.

THÉASTE.

Augmentez vos rigueurs, et s'il se peut, madame, Que votre cruauté soit égale à ma flamme; Je ne m'obstine point contre un ferme propos, Et n'ai point de dessein contre votre repos. Mais, exempte d'amour, souffrez d'être adorée : Je prévois mon malheur, ma perle est assurée; Mais la nécessité de mourir de vos coups Me fait haïr ailleurs un traitement plus doux ; Et vous me plaisez plus insensible et cruelle Qu'une qui me rendroit une ardeur mutuelle.

Eh bien, souffrez , monsieur, sans espoir de secours, Tant que de vos ennuis le ciel borne le cours ; Puisqu'en vous comme ailleurs ma froideur sans seconde Laisse une liberté commune à tout le monde. J'ouvre l'œil sans dessein, j'ignore son effet. Et ne puis réformer ce que nature a fait.

Mais le temps est passé des froideurs sans pareilles.

Vous achèverez seul. Adieu, contez merveilles.

(Elle sort.)

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