‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 331 sur 465 · GLUANTE · texte numérisé non relu

GLUANTE

Deux mots termineront ton doute et ton souci ; Ma raison, si long -temps d'amour sollicitée, Se rend à la beauté qu'elle a tant rebutée ; Mais madame à son tour a refusé ma foi , Et son esprit changé n'a des vœux que pour toi ; Sensible à ses mépris, je parlois en ces plaines Du dessein de finir et ta vie et mes peines , Quand ce jeune inconnu , vain et débile appui , M'a dit que t'attaquer est s'attaquer à lui. Il défendoit ta cause , et ta seule venue A son âme insensée en son corps retenue. Donnons , et , sans chercher de discours superflus , Défais -toi de Cléante , ou Théaste n'est plus. •

THÉASTE.

Pour la possession de cet objet aimable ,

Je ne refuse point ce combat honorable;

La peur ne peut loger qu'au sein de tes pareils ,

Et voici de ta mort les tristes appareils.

Ne délibérons point , et reçois le salaire

Que demande à ce bras ton aveugle colère.

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