SCÈNE V
ÉVANDRE, THÉASTE, CLÉANTE.
ÉVAWDKE.
Dieux ! qu'un heureux destin m'a conduit en ces lieux ! Courons les séparer.
CLÉANTE
O sort injurieux !
Que ton soin m'est contraire, et combien ton envie S'obstine aveuglément à conserver ma vie !
THÉASTE.
Ah! souffre, cher ami
ÉVANDRE
Non , ces efforts sont vains.
THÉASTE.
Que ta crainte m'outrage !
CLÉANTE
o destins inhumains !
Traître , divertissant son trépas équitable , L'innocent périra pour sauver le coupable. Importun , laisse- nous.
ÉVANDRE
Attaque- moi , cruel , Et , ma vie achevée , achève ce duel.
Mais tandis que ce corps possédera son âme , J'opposerai mes soins à l'ardeur qui t'enflamme.
CLÉANTE
Injurieux ami, qui me viens secourir Quand mon secours dépend du dessein de mourir,
Consens à ce combat ; ton importune peine Ne fait que différer son issue incertaine , Et tes soins tôt ou tard ne divertiront pas Mon malheur ou le sien , sa perte ou mon trépas