IV ATA LIE
Allez; n'espérez pas que ni force ni crainte
Puissent rien où mes pleurs n'ont fait aucune atteinte-
Je connois trop son cœur , j'en sais la fermeté ,
Incapable de crainte et de légèreté.
A regret contre lui je rends ce témoignage ,
Mais l'intérêt du ciel à ce devoir m'engage.
Encore un coup , cruel, au nom de notre amour
Au nom saint et sacré de la céleste cour,
Reçois de ton épouse un conseil salutaire:
Déteste ton erreur, rends-toi le ciel prospère;
Songe et propose-toi que tes travaux présens,
Comparés aux futurs, sont doux ou peu cuisans.
Vois combien cette mort importe à ton estime,
D'où tu sors, où tu vas, et quel objet t'anime.
ADRIEN
Mais toi, contiens ton zèle, il m'est assez connu, Et songe que ton temps n'est pas encor venu ; Que je te vais attendre à ce port désirable,
(A Flavie.) Allons, exécutez le décret favorable Dont j'attends mon salut plutôt que le trépas.
FLAVIE
Vous en êtes coupable, en ne l'évitant pas.
( Il sort. Le geôlier et les gardes emmènent Adrien.)
N ATA LIE seule.
J'ose à présent, ô ciel, d'une vue assurée Contempler les brillans de ta voûte azurée, Et nier ces faux dieux qui n'ont jamais foulé De ce palais roulant le lambris étoile.