Tome V
5o SAINT GENEST,
A ton pouvoir, Seigneur, mon époux rend hommage;
Il professe ta foi , ses fers t'en sont un gage ;
Ce redoutable fléau des dieux sur les chrétiens,
Ce lion altéré du sacré sang des tiens ,
Qui de tant d'innocens crut la mort légitime.
De ministre qu'il fut s'offre enfin pour victime;
Et, patient agneau, tend à ses ennemis
Un col à ton saint joug heureusement soumis.
Rompons après sa mort notre honteux silence.
De ce lâche respect forçons la violence;
Et disons aux tyrans, d'une constante voix.
Ce qu'à Dieu du penser nous avons dit cent fois.
Donnons air au beau feu dont notre âme est pressée;
En cette illustre ardeur mille m'ont devancée;
D'obstacles infinis mille ont su triompher ,
Cécile des tranchans, Prisque des dents de fer,
Eauste des plombs bouillans, Dipne de sa noblesse,
Agathe de son sexe , Agnès de sa jeunesse ,
Tècle de son amant, et toutes du trépas;
Et je répugnerois à marcher sur leur pas !
( Elle sort. )