‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 344 sur 465 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

CLÉANTE, FLORIMONDE, CLÉONIE, THÉASTE, TIRSIS; ensuite È\ A ^BRE,

TiRsis, Vépée a la main.

Enfin l'occasion seconde mon envie.

Traître , l'épée au poing , si tu ne hais la vie.

THÉASTE.

Vous m'apprendrez au moins

TIRSIS

Donnons , c'est trop tarder.

ÉVANDRE, accourant pour les séparer.

Sachons ce différent, s'il se peut accorder.

(Théaste surpris en voyant Tirsis retenu par Évandre et Clëante.) ( A Tirsis. )

Monsieur, un mot.

TIRSIS

O dieux ! ô sévère contrainte !

Le traître sait assez le sujet de ma plainte. Laissez contre son crime agir ma passion , Et ne défendez point une juste action.

CLÉANTE, le retenant.

O dieux ! de quel transport est votre âme agitée ? Vous le voyez , la vue et la main arrêtée , Ne pouvoir avancer ni faire même un pas ; Et vous attaqueriez qui ne se défend pas !

THÉASTE.

Cléante, ce guerrier sait par un long usage Mépriser ma défense et forcer mon courage. Ne me garantis point d'un ennemi si doux , Et que j'aie l'honneur de mourir de ses coups.

( Il jette son e'pe'e et se met à genoux.)

O divine rencontre ! 6 céleste merveille ! Que mon bonheur est grand s'il est vrai que je veille ! Perdez , perdez Théaste , agréable vainqueur , Vous savez le chemin qui conduit à son cœur ; Que vos mains de vos yeux achèvent les conquêtes , Et ne différez point des victoires si prêtes.

o fatal accident !

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