‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 347 sur 465 · TIMANTE · texte numérisé non relu

TIMANTE

Je doute si je vis et si je vois le jour.

Vous m'aimez , Cléonie ! O bonté sans seconde ,

Et dont le seul récit étonnera le monde !

Oyez en peu de mots une confession

Que rien n'excuseroit que votre affection.

Vous savez que je fus , sur certaine nouvelle ,

A Lyon , où mon frère avoit vu cette belle ;

Il m'avoit estimé cette rare beauté ,

Et sa vue en effet surprit ma liberté ;

Ma raison fut troublée , et d'un ferme courage

Ses yeux et votre absence en firent un volage ;

J'oubliois Cléonie , et Félicie enfin

D'un empire absolu gouverna mon destin.

(A Felicie.)

Quoique je vous trouvasse à mon dessein contraire, J'espérai m'avancer aux dépens de mon frère , Et je vous dis , madame (insigne trahison ! ) , Qu'une autre depuis peu cap ti voit sa raison. Lui , s'apprêtant d'ailleurs à partir de Florence , Reçut de votre mort une fausse assurance.

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