‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 355 sur 465 · ACTE I, SCÈNE III. 5o · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. 5o

De devoir à mon père , à l'état , à la cour , Et jusques à mes gens, raison de mon amour! De ne me plaindre pas d'une injuste puissance , Et n'en pouvoir souffrir l'empire avec licence ! Qu'ils souffrent ma blessure et la laissent saigner! Le plus grand de mes maux est d'y voir répugner. C'est trop peu qu'une fille insolemment me brave , Mes regards sont contraints , ma parole est esclave ; On gêne ma pensée. O dieux! qu'ai -je commis, Qu'il faille pour aimer avoir tant d'ennemis? Je n'occupe leurs soins , leurs travaux , ni leurs veilles ; Le récit de mes maux n'étourdit point d'oreilles , J'adore sans effet d'insensibles appas : Mais pourquoi s'en plaint-on , si je ne m'en plains pas ? Je ne m'en plains qu'à vous , confidens solitaires , Arbres, fontaines, fleurs, fidèles secrétaires, Seuls dont les entretiens daignent flatter mes soins , Seuls aussi de mes maux véritables témoins , Seuls avec qui mon cœur en liberté soupire L'insupportable joug d'un si cruel empire , Seuls enfin dont la vue enchante mon souci. Qui t'amène , T^ucie ? Élise est - elle ici ?

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