‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 363 sur 465 · ACTE II, SCÈNE IL 5i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL 5i

Avec bien moins d'efforts que je ne m'en suis fait Pour m'arracher du cœur ce redoutable trait. Mais il n'est honte , orgueil , ni loi que ne détruise Un seul ressouvenir , un seul penser d'Elise ; Et dans cette foiblesse il ne me souvient pas Qu'il doive être pour moi de sceptres ni d'états.

THÉODORE

Votre ennui dans mon cœur trouve tant de tendresse ,

Qu'elle me met à bout de toute mon adresse ,

Et me fait plaindre enfin l'amour que j'ai blâmé :

S'il faut aimer ainsi , je n'ai jamais aimé.

Mon frère , je l'avoue , et je suis assez vaine

Pour jurer à l'amour une invincible haine.

Le roi vient , rappelez en ce cœur abattu ,

En sa présence au moins , un moment de vertu.

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