‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 374 sur 465 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les mêmes; DON FERNAND.

DON FERNAND

Trêve , illustres guerriers. Quelles lois rigoureuses

Portent à ces discords vos âmes généreuses ?

Quel différent , cruels , suscitant ce combat ,

Divise contre soi les forces de l'état ,

Rend de si chers amis de mortels adversaires ,

Et des deux bras d'un corps fait deux partis contraires ?

Mouillerez - vous de sang ce triomphe fameux

Qu'un seul et même emploi vous acquiert à tous deux ?

Quoi ! comte , quoi ! mon fils , ces fameuses épées ,

En même occasion si souvent occupées ,

Dont le commun effort et le fer rencontré

Dans une même plaie est si souvent entré ,

Et que même valeur et pareille fortune

En deux bras différens n'ont si souvent fait qu'une ,

Elles dont la furie et les efforts unis ,

Désertant la Grenade , en ont peuplé Tunis ;

Ces remparts de l'état , ces mouvantes murailles ,

Ces nobles instrumens de tant de funérailles ,

Qui tant de fois ont fait de leur zèle indompté

Une fidèle preuve à l'infidélité,

L'une à l'autre opposées, ont rompu l'alliance

Où l'Aragon fondoit toute sa confiance ,

Et s'efforcent d'oter par un même attentat ,

Deux favoris au roi et deux bras à l'état?

Sans crime pouvez -vous écouter la furie

Qui veut de ses appuis priver votre patrie ,

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