ACTE V, SCÈNE III
Pour le justifier fait un dernier effort, Et ne sauroit mourir avecque l'infamie De laisser choir sans crime une tête ennemie.
DON LOPE
L'état lui doit vengeance, et perd par son trépas Sa plus illustre épée et son plus digne bras.
DON PHILIPPE
Fatale autorité par tous deux violée ,
Qu'avant leur crime , hélas! ne t'ai -je dépouillée!
L'éclat et l'équité que tu dois conserver
De deux si chers appuis se doivent -ils priver?
Ou pour les conserver , s'ils ne t'ont épargnée ,
Avec impunité seras -tu dédaignée?
DON FERNAND
Faites grâce , grand prince , à d'invincibles bras
Que des siècles entiers ne vous produiront pas :
Si leur irrévérence a vos lois offensées ,
Ils les maintiendront plus qu'ils ne les ont blessées ;
Si je souhaite encor quelques jours à mon fils.
C'est pour le voir mourir parmi vos ennemis ,
Et , de ces mêmes lois soutenant la défense , »^
Par une belle mort réparer son offense.
DON PHILIPPE
Demeure inébranlable , ô constante équité , Par qui mon nom est cher autant que redouté ; Ne souffre point de tache , et laisse à mes provinces De si profonds respects aux ordres de leurs princes , Que tant que leur puissance établira des lois , L'exemple d'aujourd'hui n'arrive qu'une fois.