ACTE V, SCÈNE IV. SyS
Si le roi , si l'état à nos vœux n'est contraire , Vous acquérez la sœur en conservant le frère , Et vous gagnez un cœur que votre autorité Avec tout son éclat n'auroit jamais dompté.
DON PÈDRE
Vous , ma princesse , vous , à mes vœux exorable ! La fortune à ce point m'est - elle favorable ?
(A don Philippe.)
De don Lope en mon sang expiez le forfait, Je ne puis plus , seigneur , mourir que satisfait.
DON PHILIPPE
Non , non , prince , vivez ; votre amour a des charmes Qui forcent tout obstacle et m'arrachent les armes. Je consens à vos vœux le prix qui leur est dû , Et souscris à l'arrêt que vous avez rendu. Perdre un si noble sang que celui de Cardone Seroit avec douleur affoiblir ma couronne.
(A don Lope.)
Théodore est à vous ; donnez - moi des neveux Dignes et d'un hymen et d'un jour si fameux.
BON LOPE
A quels périls, grand roi , puis -je exposer ma vie, Où l'heur que je reçois ne soit digne d'envie? Et vous , prince , quel sang , après tant de bontés , Peut
DON PÈDRE
J'ai moins fait pour vous que vous ne méritez.
DON PHILIPPE
O ciel ! dont les décrets règlent nos destinées , Donne d'heureux succès à ces deux hyménées.
TRAGÉDIE