‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 408 sur 465 · Tome V · texte numérisé non relu

Tome V

Un bel esprit (Tristan) , à leur prière, fit les stances, les scènes des satyres, et quelques autres endroits que vous verrez -, si bien que c'est ici un tableau où deux différens pinceaux ont contribué et fait une union assez belle , puisque généralement le peuple et la cour y trouvent beaucoup de divertissement , et confessent que c'eût ëtë dommage que cette pastorale n'eût point été mise en lumière. »

Nous avions annoncé dans la notice sur Cé~ limene , tome II de cette édition , que , sur ce même sujet de Cëlimene , Rotrou avoit composé une pastorale que nous promîmes alors à nos souscripteurs. Nous nous mettions en devoir de remplir cet engagement , quand nous nous aperçûmes , en comparant Amarillis à Céliinene , que ces deux pièces étoient identiquement la même , presque scène par scène , avec les seules différences que les morceaux de chant qui y sont intercalés et plusieurs dialogues de satyres ont dû y apporter. Or ces morceaux ajoutés n'étant point de Rotrou , ■"mais de Tristan , nous n'avons pas cru devoir en surcharger notre édition.

Cependant nous éprouvions le regret de

SUR L'ILLUSTRE AMAZONE. 679 paroître manquer à nos obligations envers le public , en ne lui donnant pas le nombre de pièces de Rotrou annoncé par notre prospectus 5 lorsque M. de Soleine nous apprit qu il possédoit une pièce inédite de cet auteur , en nous offrant de nous la communiquer •, et c'est à l'obligeance de ce bibliophile éclairé que nous devons le double avantage de compléter notre édition en publiant une pièce inconnue de Rotrou.

Beauchamps , dans ses Recherches sur les théâtres de France , et les frères Parfait , dans leur Histoire du théâtre françois ^ citent dans la nomenclature des pièces de Rotrou , en outre des trente -cinq qui composent notre édition ^ le six pièces suivantes qui lui sont attribuées 5 et qu'ils n'ont pu , disent - ils , se procurer : Lisimene , la Thébaïde , Don Alvare de Lune , Florante ou les Dédains amoureux y Y Illustre amazone , et Aniarillis. Cette dernière est imprimée ; il en existe inême plusieurs éditions ; les cinq autres ne l'ont point été : le seul manuscrit de X Illustre amazone existe à la bibliothèque royale , et c'est sur une

copie de ce manuscrit confié par M. Cappe-

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ronnier , copie que possède M. de Soleioe, que

notre édition est collationnëe.

Nous n'affirmerons point Fauthenticitë de cette tragédie , puisqu'elle n'a été citée par les bibliographes ci- dessus nommés que comme une de celles qui sont attribuées à Rotrou. Cependant tout nous porte à croire qu'elle est réellement de cet auteur. Elle est évidemment de son temps, et aucun de ses contemporains n'en a réclamé la propriété. Ensuite , sans prétendre la mettre au niveau des meilleures pièces de Rotrou, du moins nous accordera-t-on qu'elle est supérieure au plus grand nombre de ses pièces niédiocres. Le style peu châtié de Villustre amazone y et quelques rimes inexactes qu'elle contient , ne prouveroient peut-être que la rapidité avec laquelle elle a été composée , sans que l'auteur ait eu le temps d'y faire les corrections convenables : telle qu'elle est néanmoins, il est peu de poètes contemporains de Rotrou à qui l'on puisse l'attribuer.

Dans le manuscrit qui nous a été communiqué , la tragédie est précédée d'une épître dédicatoire à Fouquet , et d'un argument en latin peu élégant , contenant le sujet de l'ou-

SUR L'ILLUSTRE AMAZONE. 58i vrage , et tiré probablement de quelque ancienne légende. Nous croyons devoir donner ici une traduction de ce trait d'histoire peu connu ^ et que Fauteur a suivi exactement. Le président Fauchet ( Antiquités françoises , liv. 1V5 ch. xviii) rapporte en peu de lignes le même fait, qu'il date de l'année SgS.

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