ARGUMENT
(Jn trouve ici un nouvel exemple donné par notre jeune vierge de cette force d'ânae qui , pour avoir été si éclatante dans la personne de Judith , n'est pas moins sublime chez notre héroïne , et ne mérite pas moins notre admiration. L'une , en arrachant la vie à Holopherne , rendit la paix à ses concitoyens assiégés ; l'autre , par la mort d'Amalon , duc de Bourgogne , mit son propre honneur à couvert des dangers qui le mena— çoient. Il sera donc permis de donner le même nom ( de Judith) à celle qui , animée de la même inspiration que reçut celle qui l'a précédée , nous a transmis un monument semblable de généreux courage.
Notre Judith avoit été fiancée à Flaucat , lorsqu'Amalon étant devenu amoureux d'elle , et s'étant entendu avec son père Lévigilde , obtient de ce dernier une nouvelle promesse de mariage. Le duc (Amalon) alors répudie sa femme Clotilde , afin de pouvoir exécuter ce projet.
Cependant Judith , calme au milieu des dangers qui la menacent , est mise en prison. Son père emploie tour à tour la douceur et la menace; le duc cherche à lui faire partager ses sentimens sans obtenir un plus heureux succès, la jeune fille restant indifférente à l'attrait des grandeurs comme aux coups de la mauvaise fortune. Froissée au milieu de cet orage de passions , que lui reste-t-il à faire ?
Flaucat, enflammé du désir de venger celle qui lui avoit été promise , et Sigismond ( frère de Clotilde ) , pénétré de l'injure faite à sa sœur, se réunissent a quelques amis pour conspirer la perte du duc. On prépare un breuvage empoisonné , on le présente à Amalon parmi les coupes du festin nuptial ;