ACTE I, SCÈNE IL
Vengeance , Amour , des deux qui sera la plus forte ? Ma main , sur qui dois - tu frapper auparavant ? Sur les fers de Judith ? sur le cœur du tyran ? Soit qu'Amalon périsse, ou que je la délivre, Je n'ai qu'un coup à faire et ma mort le doit suivre. Il ne me reste plus , avant que de périr , Qu'à voir aux pieds de qui je dois aller mourir. A quoi te résous - tu , victime infortunée ? A quel autel dois- tu porter ta destinée? Est-ce aux pieds d'Amalon ? est-ce aux pieds de Judith ? Hélas ! des deux côtés je me trouve interdit.
AUROFTE.
Souffre que la raison dissipe la fumée
De ce feu violent dont ton âme est charmée :
Je ne veux pas Téteindre , il est juste , il est beau ;
Mais comme il nous aveugle il nous faut un flambeau ;
Sa force est inutile , il s'étouffe en sa flamme ,
S'il ne luit et n'éclaire alors qu'il nous enflamme.