‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 445 sur 465 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les mêmes, cachés dans un coin du théâtre j AMALON, ÉBROIN, un Page.

AMALON.

Cruels , traîtres , ingrats , que prétendiez - vous faire 1 O trahison conçue au sein d'une mégère !

63o L'ILLUSTRE AMAZONE,

Malheureux avorton d'un attentat si noir Que le ciel a détruit sitôt qu'il l'a pu voir ! Pendant qu'entre vos bras tout mon état respire , Que mon cœur trop crédule y gémit et soupire , Mon cœur entre vos bras s'est vu presque percé , Mon état sur le point d'en être renversé.

ÉBROIN.

Grâces aux dieux , seigneur , le coup de la tempête

Près de tomber sur vous a crevé sur leur tête ,

Et le perfide Auronte a fait voir à nos yeux

Qu'on ne peut vous toucher sans s'attaquer aux dieux

Que le trône appuyé dessus leur main divine

Est un écueil pour ceux qui cherchent sa ruine.

AMALON.

Crime trop impuni ! Perfide , ton trépas Est la peine du crime et ne le punit pas. D'un supplice trop doux ta fureur est suivie. Ah! puisse -je aujourd'hui te redonner la vie, Et , soutenant ton sort au milieu des rigueurs , D'une mort dure et lente assouvir mes douleurs !

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Le ciel vous a laissé le choix de son supplice , Seigneur , il vit encore.

AMALOW.

Est -il vrai, Léonice.-*

LE PAGE

De l'escalier à peine étois-je descendu, Que dessus le carreau je le vois étendu ; Des assauts de la mort son âme combattue Cherchoit de toutes parts à se faire une issue : Elle frappoit partout pour rompre sa prison

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