‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 444 sur 465 · ACTE IV, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL

FLAUCAT.

Vous l'ordonnez, madame , il faut donc que je vive; Ma vie est en vos mains , mon âme en est captive ; Je n'ai pas oublié que mon sang est un bien Où je n'ai plus de droits , et je n'y prétends rien. Puisqu'il faut que j'attende , avant que je périsse , Que vos divins arrêts ordonnent mon supplice , On verra ma constance , au milieu des couteaux , Respecter votre main en celle de bourreaux , Briller sur l'échafaud ; et , s'il faut que j'y monte , L'heur de vous obéir en efface la honte. Mais, par les chastes nœuds d'une sainte amitié, Conservez de Flaucat la plus belle moitié , Qu'il vive encore en vous...

JUDITH

De quoi qu'on nous menace , L'orage le plus grand est signe de bonace , Et je sens que mon cœur s'oppose au sentiment Que lui cause la peur d'un triste événement. Si le ciel est l'auteur de cet heureux présage Qui me rend assurée au milieu du naufrage , Tu verras aujourd'hui tomber , s'il s'accomplit , Un second Holopherne aux pieds d'une Judith.

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