‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 456 sur 465 · ACTE V, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE III

Qu'un amas de cerveau , de sang et d'os froissés. « Ebroin » , me dit- il , entr'ouvrant la paupière , Puis , arrêtant sur moi ce reste de lumière , a Avant que de périr si tu veux me venger , » Sauve mon assassin , sauve -la du danger. » Ma main dedans mon sang auroit signé sa grâce , » Si la mort n'y portoit une éternelle glace. » Tu me répondras d'elle. »

SIGISMOND

O prince généreux !

ÉBROIN.

Je cours et j'obéis promptement à ses vœux. D'une divine ardeur je la vois transportée Soutenir les efforts d'une troupe irritée , Et se faire un passage au travers des soldats Que son bras glorieux terrassoit sur ses pas , »

De ce même instrument, de cette même épée , Dans le sang de leur maître encor toute trempée. Ses yeux tout enflammés jetoient de toutes parts Autant de coups mortels qu'ils lançoient de regards. Dieu , qui l'avoit ravie au crime de l'inceste , Répand sur son visage une flamme céleste Dont il forme autour d'elle un rempart éclatant , Et fait de chaque trait un glaive étincelant.

SIGISMOND

Merveille de nos jours î ô constance inouïe ! Que devint -elle enfin?

ÉBROIN.

Je l'avois poursuivie.

LÉVIGILDE.

Ah! seigneur, empêchez ma fille de périr

65o L'ILLUSTRE AMAZONE,

SIGISMOND

Allez , et vous aussi courez la secourir. Ebroin , de ma part revoyez votre maître.

ADÉLAIRE.

Ah ! seigneur , je la vois , elle vient de paroître.

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