ACTE I, SCENE IV. gy
PEU ES, au roi ^ en lui donnant une lettre. Sire, aux moindres faveurs qu'une maîtresse envoie C'est trop faire acheter qu'en retarder la joie.
Cher gage d'une main pleine de tant d'appas, Me viens-tu prononcer l'arrêt de mon trépas? Ou fléchirai-je enfin la fierté qui rejette Une âme assujettie au joug de sa sujette?
LAZARILLE
Quelqu'un profitera du temps que vous perdez.
DON LOFE
Prince, rare ornement...,
LE COMTE, le faisant retirer.
Le roi lit; attendez.
DON PÈDRE lit.
« Ne souillez point , grand roi, les glorieuses marques » Qui sur le reste des monarques » Font briller votre majesté , » Par une passion à son repos fatale, » D'un indigne attentat de votre âme royale,
» Sur mon honnêteté.
» J'ai trop long-temps souffert à vos ardeurs passées » Ces frivoles écrits porteurs de vos pensées;
» Ne m'en honorez plus; i
» Ou, me continuant cet honneur qui m'offense, » Ne vous offensez pas ou d'un juste silence
fi Ou d'un libre refus. »
O rigueur inhumaine ! 6 beauté tyrannique, Qui , causant mon amour , défends qu'elle s'explique ! Beau mais funeste écueil , insensible rocher !