‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 8 sur 465 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

GENEST, DIOCTÉTIEN, MAXIMIN, PL ANCIEN, VALÉRIE, CAMILLE, Gardes, Soldats.

GENEST

Si parmi vos sujets une abjecte fortune Permet de partager l'allégresse commune, Et de contribuer en ces communs désirs , Sinon à votre gloire, au moins à vos plaisirs,

i6 SAINT GENEST,

Ne désapprouvez pas , ô généreux monarques , Que notre affection vous produise ses marques, Et que mes compagnons vous offrent par ma voix, Non des tableaux parlans de vos rares exploits , Non cette si célèbre et si fameuse histoire Que vos heureux succès laissent à la mémoire (^^uisque le peuple grec non plus que le romain N'a point pour les tracer une assez docte main), Mais quelque effort au moins par qui nous puissions dire Vous avoir délassé du grand faix de l'empire, Et, par ce que notre art aura de plus charmant, Avoir à vos grands soins ravi quelque moment.

DIOCLÉTIEIY.

Genest, ton soin m'oblige, et la cérémonie

Du beau jour où ma fdle à ce prince est unie,

Et qui met notre joie en un degré si haut,

.Sans un trait de ton art auroit quelque défaut.

Le théâtre aujourd'hui, fameux par ton mérite,

A ce noble plaisir puissamment sollicite,

Et dans l'état qu'il est ne peut, sans être ingrat,

Nier de lui devoir son plus brillant éclat :

Avec confusion j'ai vu cent fois tes feintes

Me livrer malgré moi de sensibles atteintes ;

En cent sujets divers, suivant tes mouvemens.

J'ai reçu de tes feux de vrais ressentimens ;

Et l'empire absolu que tu prends sur une âme

M'a fait cent fois de glace et cent autres de flamme.

Par ton art les héros, plutôt ressuscites

Qu'imités en effet et que représentés ,

De cent et de mille ans après leurs funérailles,

Font encor des progrès et gagnent des batailles,

Et sous leurs noms fameux établissent des lois :

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