‹ uvres de Jean RotrouChapitre 104 sur 422 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les mêmes; FABRICE, échauffe.

FABRICE

Voici l'autre ordonnance, il n'y faut que le seing.

LE ROI

As-tu si promptement pu voir le médecin?

Quel lui semble mon mal , et quel en est la source ?

FABRICE

Cette ordonnance n'est que pour un mal de bourse, j Où le bien qu'elle prend ne sauroit arrêter; i Mais deux mille ducats y pourront profiter.

LE ROI, déchirant encore V ordonnance.

Si l'ordonnance n'est que d'un peu d'ellébore Pour ta prompte santé, mets-en une once encore; Ton mal sera puissant si tu n'en guéris pas. Que nous conte ce fol avecque ses ducats ?

(Tous sortent. )

FABRICE seul., tout interdit.

Encore une autre fois! Ah! malheureux Fabrice, Toi qui le connois tant , qui sais son avarice , Qui vois qu'il se parjure à moins que d'un denier. Qui sais comme il te gausse , et qui le vis hier , Tu fais de ton honneur encor si peu de compte, Que de venir ici t'acquérir de la honte ! Ah! qu'il est libéral! Pour tout prix de mes pas^

i42 LA BAGUE DE L'OUBLI,

J'ai du feu sur le front pour deux mille ducats. Faisons sur ce papier des vers à la Fortune ; Qu'elle se lasse d'être à mes vœux importune, Qu'elle me rende enfin ce monarque indulgent. Mais la Fortune est femme, et je n'ai point d'argent.

FIN DU TROISIEME ACTE

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