‹ uvres de Jean RotrouChapitre 113 sur 422 · FABRICE, LE ROI · texte numérisé non relu

FABRICE, LE ROI

FABRICE

Il faut user du temps quand la Fortune l'offre!

LE ROI

Où sont-ils?

FABRICE

Ah! pardon, sire, ils sont dans mon coffre- Ne me punissez pas avant que de m'ouïr; Cette fourbe ne fut que pour vous rejouir.

Réjouir, impudent! Ah! ces âmes hardies

Iront dans les enfers faire leurs comédies.

Leurs jeux auront là-bas de plus charmans attraits ,

Et Léandre et beaucoup suivront leurs pas de près.

FABRICE

Le silence et la feinte ici sont nécessaires: Dieux! que j'ai bien pensé découvrir des affaires!

LE ROI

Que fait donc Liliane ?

FABRICE , tout bas.

Ah! ne craignons plus rien.

(Au roi.)

Sire , c'est un esprit bien troublé que le sien , Et je crois que l'amour touche peu son envie , Voyant le duc si près de terminer sa vie.

i54 LA. BAGUE DE L'OUBLI,

LE ROI

Quel si prompt accident doit terminer son sort?

FABRICE

Sire, on sait que vous-même avez signé sa mort ,

Et sa fille a reçu de votre bonté même

Le conseil d'épouser ce Tancrède qui l'aime.

Il est bien vrai qu'alors que cet humeur vous prit,

Un mal bien violent altéroit votre esprit.

LE ROI, tenant encore son épée nue.

M'a-t-il effrontément forgé cette chimère ? Seul, tu seras l'objet de toute ma colère.

FABRICE, tout bas ^ s'ejifiijant.

Oui, si je vous attends. Quel sort injurieux, A fait d'un mal si doux un mal si furieux?

LE ROI seul.

Liliane épousée , 6 ciel! est-il un foudre. Que tu n'as pas réduit tous ces traîtres en poudre ? Liliane épousée, et son père être au point De souffrir un trépas qu'il ne mérite point ! Traîtres! s'il est ainsi, ni mer, ni cieux, ni terres, Ne vous affranchiront des coups de mes tonnerres ; J'immolerai vos jours avec ces propres mains , Et contre mes efforts les vôtres seront vains.

FIN DU QUATRIEME ACTE

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