‹ uvres de Jean RotrouChapitre 117 sur 422 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les MEMES, LE ROI, et quelques autres serviteurs.

LE ROI

Quel objet de frayeur se présente à mes yeux ? Et qui cause les pleurs qu'on répand en ces lieux?

DORAME.

Sire , voyant enfin cette main préparée

A l'exécution si long-temps différée ,

Vous devez condamner leurs regrets seulement ,

Qui sont le seul sujet de ce retardement.

i58 LA BAGUE DE L'OUBLI,

LE ROI

Ne me continu' point ces raisons dont tu m'uses, Ce seroit de sa mort qu'il faudroit des excuses; Tu m'aurois affligé de m'être obéissant. Et ces retardemens sauvent un innocent,

( Au duc , en le faisant le^er. )

Sujet vraiment loyal, si j'en ai de fidèles, Cher duc , à qui je dois des grâces éternelles, Bon entre les mortels, s'il en peut être un bon, Prisonnier dont je viens implorer le pardon, Asile où maintenant je cherche du refuge. Après tant de travaux, sois juge de ton juge. Depuis peu, tous mes gens ont en moi reconnu Un mal dont toutefois le genre est inconnu ; Et j'atteste le ciel qui partout remédie , Si je me ressouviens de cette maladie.

Et si, comme ils m'ont dit, je sache avoir songé A causer la misère où je te vois plongé. Si je pus consentir à pareille injustice , Et si de cet arrêt ma raison fut complice : Puisque j'étois réduit à ce terme fatal , Pardonne cette injure ou condamne ce mal.

(A Liliane. )

Toi, reine de mes vœux, mon unique pensée. Songe à la guérison de mon âme blessée. Cesse de t'informer si mes désirs sont saints , Car je n'ai plus pour toi que de chastes desseins. Il est vrai qu'autrefois te vouant mon service , La vertu me fut moins en objet que le vice ; Mais aujourd'hui le ciel en dispose autrement, Et j'ai des passions pour l'hymen seulement. Je ne dois pas souffrir qu'on accorde à ce prince

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