ACTE V, SCENE IL
Qu'en ce jeune seigneur tu mets ton espérance , Que tu n'auras jamais d'autres affections, Et qu'un heureux hymen joindra vos passions; Suis partout la fortune et les pas de ce prince, Et, puisqu'on le bannit, sors de cette province. Je sais ton naturel, et tu ne pourrois pas Vivre sans déplaisir au lieu de mon trépas. Je me plaindrois à tort de cette main infâme : Ton unique beauté, ma fille, m'ote l'âme. C'est de l'amour du roi le furieux effet. Enfin j'ai fait les traits par qui je suis défait :
(Pleurant.)
Mais contre leurs douleurs ma constance est sans armes.
( Au bourreau. )
Me voilà prêt, achève et ma vie et leurs larmes. Ote-moi le bandeau, porte-le sur leurs yeux. Ou veuille pour le moins les chasser de ces lieux. Cruel, exempte-les de voir mon infortune, Et n'assassine pas trois personnes pour une.