‹ uvres de Jean RotrouChapitre 121 sur 422 · ACTE V, SCENE V. ï6i · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V. ï6i

FABRICE, tout bas.

Que mon sens est troublé, que mon âme est émue!

(Haut.)

Je n'ai point aujourd'hui cette bague aperçue.

LÉANDRE, tout bas.

Dur arrêt de ma mort! tous mes soins sont déçus! Mais voyons promptement l'infante là-dessus. Que me profite, hélas ! qu'un heureux hyménée Ait enfin à son sort uni ma destinée, Si le fruit le plus doux que j'en puisse espérer Est ma mort, que ce bras ne dût plus différer?

(Il sort.) FABRICE seul.

Quelle altération paroît en son visage,

Et que dois-je estimer de ce confus langage?

Quelle peine lui peut apporter cet anneau?

Je conçois là-dessous quelque secret nouveau.

Voyons-le de plus près ; dieux! il faut que je sache

Si ce n'est point un sort que cette pierre cache ,

Et si de cet anneau, le mal si peu connu,

Que ce prince a souffert , ne seroit point venu.

Mais qu'il est malaisé d'y voir aucune marque ,

Dont on ait pu troubler l'esprit de ce monarque!

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