‹ uvres de Jean RotrouChapitre 145 sur 422 · ACTE II, SCEÎfE L · texte numérisé non relu

ACTE II, SCEÎfE L

Si quelqu'un arrêté n'obéit aussitôt , C'est fait que de ses jours , je tue au premier mot. Ah! combien sentiront ma fureur inhumaine, Et de combien de sang va rougir cette plaine !

PREMIER VOLEUR

Fais plus et parle moins.

PHILÉMOND.

Vous verrez au besoin. PREMIER VOLEUR, le posaut en embuscade.

De là, sans être vu, tu découvres de loin.

PHILÉMOND. 1^

y serons-nous long-temps ?

DEUXIÈME VOLEUR

Non; et toi, camarade.

Cet endroit te plait-il ? fais là ton embuscade ; Je vais un peu plus haut, où les arbres pressés Font que, sans être vu, l'on voit pourtant assez,

PHiLÉMOND en embuscade.

Le gentil exercice! O ciel! me peux-tu luire, Et voir toujours le sort si constant à me nuire? Ce corps est menacé , fait esclave, ravi; D'un troisième accident le second est suivi. Une heureuse rencontre entraîne une importune, Et je semble être seule en butte à la fortune. Objet de mes désirs, triste Cléagénor, Si tu sais l'accident qui nous sépare encor , Quelle peur te défend une conquête aisée ? Laisses-tu Doristée à leur rage exposée? Viens, cruel , contempler en cette extrémité L'agréable voleur qui prit ta liberté ;

200 CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,

Viens être pour jamais le butin de ses charmes, Que tu nommois jadis de si puissantes armes; Et, joignant à mon bras l'assistance du tien. Des mains de ces voleurs tâche à tirer ton bien. Hélas! Cléagénor est sourd à ma prière, Et je demeure en proie à leur dextre meurtrière : Je ne puis qu'au hasard d'un généreux trépas...

DEUXIÈME VOLEUR, se penchant et indiquant a Philèmond des gens qui passent.

Vois si c'est que quelqu'un adresse ici ses pas, Il le faut aborder.

O ciel! sois favorable Au dessein de forcer mon destin misérable.

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