‹ uvres de Jean RotrouChapitre 15 sur 422 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Hors des liens sacrés où notre sort aspire, Exerce sur mes vœux un éternel empire.

CLÉONICE

Tu choques justement un téméraire espoir ,

Que trop de vanité me faisoit concevoir;

T'avoir si librement parlé que je soupire,

C'est avec trop de droit mériter mon martyre ;

Toutefois, si l'appas d'un si charmant séjour

Te pouvoit obliger d'y demeurer un jour.

Et que j'eusse assez d'heur pour apprendre à mon père

Quels bras me sont venus étouffer ce vipère ,

Et divertir la mort qui me venoit saisir.

Tu peux infiniment augmenter ce plaisir.

CLORIDAIV.

Quoique la diligence ici fût nécessaire , Que puis-je refuser à l'honneur de te plaire? Allons , si tu promets que rien ne peut ravir A ce cœur innocent l'honneur de la servir.

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