‹ uvres de Jean RotrouChapitre 150 sur 422 · ACTE II, SCENE III. aot · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. aot

Peut-être qu'à présent sous l'extrême licence Son honneur succombant n'attend que ma défense ; Peut-être que ce soir ce trésor de vertu Sous un brutal effort doit languir abattu ; Et moi, de bois en bois, et de montagne en plaine ;, Je vais recommencer ma poursuite incertaine. Adieu, priez le ciel de conduire mes pas. Et de me procurer sa vue ou le trépas.

LE CONSEILLER

Qu'il rende votre bien égal à votre envie , Qu'il comble de plaisirs le cours de votre vie , Et que cette beauté , bientôt entre vos bras , Soit la fin de vos maux et le prix de vos pas.

(Il sort.) CLÉAGÉWOR seul.

Toi , qui tiens sous tes lois sa liberté captive , Possesseur des faveurs dont mon malheur me prive, Rien ne peut, insolent, empêcher ton trépas, Quelque endroit où la peur t'ait fait dresser tes pas. Monte aux lieux élevés oii se fait le tonnerre , Cherche pour ton salut le centre de la terre ; Prends plus loin , s'il se peut , un salutaire port , L'Amour y portera ma vengeance et ta mort ; Mes amis employés , et ma course éternelle , Trouveroient aux enfers ton âme criminelle ; Et là je ne voudrois, pour tout prix de mes maux. Qu'être admis seulement au rang de tes bourreaux , Et qu'il me fût permis d'inventer un supplice Egal à ma colère et digne de ton vice.

(Il sort.)

ao6 CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,

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