‹ uvres de Jean RotrouChapitre 154 sur 422 · DORANTE, DIANE · texte numérisé non relu

DORANTE, DIANE

DORANTE

Ce page me plaît fort; ses charmes sont puissans, Et ses yeux m'ont ravi mille vœux innocens.

DIANE

L'art ajuste si peu sa beauté naturelle. Sa grâce est si naïve, et son adresse est telle. Qu'en sa moindre action , en son geste , en ses pas , L'œil le plus envieux remarque des appas.

DORANTE, a part.

O signe trop certain de sa naissante flamme ! Un même feu me brûle et consume son âme.

DIANE

Son entretien est rare, et celui dont la voix

Anima des rochers et fit danser des bois.

N'eut rien de comparable aux charmes de la sienne.

Il fait des vérités de la fable ancienne ;

Et par des airs si doux il enchante nos sens.

Que l'oreille est ravie à ses moindres accens.

Mais la guitare, jointe à sa voix délectable ,

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