‹ uvres de Jean RotrouChapitre 158 sur 422 · ACTE III, SCÈNE IL 2i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IL 2i

DORANTE

Il va rendre content le désir qui me presse; Cependant ayez soin que la table se dresse. Qu'on porte le couvert.

DIANE

Il est déjà dessus.

DORANTE

Allez au messager.

DIANE

Vos paquets sont reçus ; Ils viennent d'arriver.

DORANTE

Donnez.

DIANE

Monsieur les serre.

DORANTE

Voyez avec quel soin on dresse le parterre; Parlez au jardinier, ayez l'œil sur ses gens.

DIANE

Je presserois en vain leurs travaux diligens ; Quand leur temps est borné leur intérêt les pousse. Et le désir du gain leur rend la peine douce. Reposez-vous sur eux d'un semblable souci.

DORANTE

Faites ce qu'il vous plaît, mais tirez-vous d'ici.

DIANE, a part en s'en allant.

Dure loi de mon sort , importune contrainte , Qui m'ote le plaisir et me défend la plainte. J'aimerai toutefois ce charmeur de mes sens^ Et le ferai l'objet de mes vœux innocens.

2x4 CLÉAGÉNOR ET DORISTÉE,

DORANTE

Commence, je t'entends : que ta grâce est naïve! Et qu'à tort cette main est si long-temps oisive! A ta seule action je connois clairement Combien me sera cher ce divertissement.

PHILÉMOND.

Je vous puis obéir, mais non pas à l'attente Qu'on vous a fait avoir de rester si contente : Mais si vous n'estimez ni ma voix, ni ma main, Vous devez pour le moins approuver mon dessein.

( Il chante avec la guitare. )

Je plains, Cloris, le mal extrême A quoi ton amour te résout ; Mais la loi qui fait que tout m'aime, Ne m'oblige pas d'aimer tout,

( Diane l'interrompt. )

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