‹ uvres de Jean RotrouChapitre 176 sur 422 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

TiOKmTY. , entrant par un côté, et PHILÉMOND par Vautre.

DORANTE, surprise. AjA-ISSEz-moi seule, adieu.

PHILÉMOND.

Quoi , l'ardeur qui vous presse Vous permet ces dédains où votre flamme cesse ? Vos vœux sont refroidis, ce beau brasier s'éteint. Et vous vous guérissez quand je me sens atteint ?

DORANTE

Toi, tu crois me causer une ardeur véritable?

De ces présomptions ton esprit est capable?

J'avois bien, orgueilleux, un meilleur sentiment

Et de ta modestie et de ton jugement :

Que j'eusse pour un page une amitié si forte.

Moi? que je reconnusse un vainqueur de ta sorte,

Et qu'avecque dessein je t'aie regardé!

Ton esprit arrogant se l'est persuadé ?

Pour faire à mon honneur un si honteux outrage.

Ton pouvoir est trop foible et j'ai trop de courage;

Page 1