ACTE V, SCÈNE I. a^i
J'aurois voulu choisir un plus sortable amant , Et nature in'apprit d'aimer plus noblement.
W PHILÉMOND.
Dieux! qu'est-ce que j'entends ?
DORANTE
Mais que viens-je d'entendre?
O ciel! sur mon honneur un page ose entreprendre; Il me parle d'amour et d'inclination, Et je ne punis pas cette présomption!
PHILÉMOWD.
Je ne saurois forcer la loi des destinées , Je verrai sans regret achever mes années ; Vous pouvez m'ordonner la vie ou le trépas, Mais je ne puis, et vivre, et ne vous aimer pas.
DORAWTE.
Qui souffre sans espoir doit souffrir et se taire, L'un est libre à chacun, mais l'autre est nécessaire; Et qui sait qu'il nourrit des desseins superflus Doit éviter au moins la honte du refus.
PHILÉMOND.
JTel ne me flattant plus de ce bonheur insigne, jJe romps un entretien dont je me sens indigne,
Et me vais reprocher un sentiment si faux,
Et si peu convenable avecque mes défauts.
( 11 va pour sortir. )
DORAIYTE.
|Ecoute, Philémond?
PHiLÉMOND, a part.
Sa contrainte est frivole.