ACTE III, SCÈNE X. 3o
Qui me rend en ces lieux où mon âme est ravie, Et qui m'a conservé le père de ma vie! Reconnoissez , monsieur, ce gendre bienheureux Qu'enfin vous revoyez aussi sain qu'amoureux, Et ne différez point le désir qui le presse D'aller s'évanouir au sein de sa maîtresse.
ORIMAND.
O dieux ! est-ce Lysandre ?
DIAIYE.
Oui, cet heureux amant Qui termine sa peine et son éloignement , Que le ciel a sauvé des efforts de Neptune , Et qui revient chez vous établir sa fortune.
ORIMAND.
Je doute si je veille en l'état où je suis.
( L'embrassant. )
Mon gendre, ah! quel bonheur succède à mes ennuis!
C'est lui, n'en doutons plus; cet aimable visage
Conserve quelques traits qu'il eut en son jeune âge.
Je vois ses actions; cet œil doux et riant
Paroît à mes regards tel qu'en son orient.
O bienheureux Lysandre ! honneur de ma famille!
Bienheureux Orimand ! et bienheureuse fille !
L'impatient désir de revoir ses beaux yeux M'a fait précipiter mon retour en ces lieux; On amène après moi ce que les destinées Ont donné de profits au soin de dix années , Et que j'ai retiré de la rage des flots Constans à traverser nos adroits matelots.