‹ uvres de Jean RotrouChapitre 225 sur 422 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ORIMAND, LYSIMANT.

ORIMAIVD.

Je sortois à dessein De vous aller apprendre un changement soudain: Un obstacle puissant s'oppose à mon attente; N'ayez plus de dessein pour une indigne amante Qui n'avoit rien de cher que l'espoir d'être à vous, Mais qu'un prompt changement prive d'un bien si doux. Lysandre, un mien parent, à qui dès son jeune âge J'avois fait espérer ma fille en mariage, Et que je croyois mort aux pays étrangers , De la terre et de l'onde a vaincu les dangers ; Il ne fait qu'arriver, et ce n'est pas sans peine Que je laisse, monsieur, votre espérance vaine; Mais vous pardonnerez à la nécessité D'accorder sa maîtresse à sa fidélité.

LYSIMANT,

Je ne m'obstine point à vouloir l'impossible; Je regrette beaucoup un bonheur si sensible; Mais un sort rigoureux se plaît à me trahir, Et la nécessité m'oblige d'obéir.

ORIMAND.

( Le laquais paroît. )

Vous plaît-il de le voir? Laquais! cherchez Lysandre, N'est-il pas là-dedans?

LE LAQUAIS

Non, il vient de descendre, Et sort par le jardin.

3i2 LA DIANE,

ORIMAND.

La curiosité Le porte à voir Paris en cette nouveauté. Pardonnez , Lysimant, à mon regret extrême, Ce qui me touche plus mille fois que vous-même; Et, si j'ai le moyen de vous servir jamais, Éprouvez par l'effet le dessein que j'en fais.

(Il rentre.)

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