‹ uvres de Jean RotrouChapitre 226 sur 422 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LYSIMANT seul

Est-il quelque malheur égal à tes désastres,

Ridicule jouet des destins et des astres?

Et, voyant tout contraire à tes vœux innocens,

Peux-tu perdre ton cœur sans perdre aussi le sens?

Détache tous ses fers, éteints toutes ses flammes.

Et ne présente plus ce rebut de tant d'âmes :

Profite cette fois de ta juste douleur,

Et tire ta sagesse au moins de ton malheur ;

N'offre plus ta franchise à ces honteuses chaînes.

Et ne perds plus de temps en ces recherches vaines:

Cette union, commune au reste des humains,

N'est pas, infortuné, permise à tes desseins,

Et le dieu qui préside aux autels de Cythère

N'a pas en ta faveur établi ce mystère.

(Il sort.)

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