ACTE IV, SCÈNE IX, Sar
LYSiMANT à genoux.
Punis, belle Diane, un barbare, un perfide, Un traître en qui l'amour si lâchement préside , Et qui n'a pu forcer l'irrévocable arrêt D'un parent amoureux de son seul intérêt. J'appelle trahison cette seule impuissance, Et ma confession ajoute à mon offense; Car le ciel m'est témoin qu'au moins ce lâche cœur N'a jamais reconnu que son premier vainqueur, Que toujours ton objet fut cher à ma pensée, ^
Que le temps n'en a point ton image effacée. Que plutôt j'ai tâché d'effacer par mes pleurs Ce tyrannique arrêt de m'engager ailleurs. Aujourd'hui, si le sort nous étoit si propice Que nous pussions tromper une aveugle avarice, Ou charmer ce vieillard du vain éclat de l'or, (Je l'ai juré cent fois, et je le jure encor,) Tes désirs sur les miens auroient un libre empire, Et je posséderois le seul bien où j'aspire.
DIANE
Si l'or peut à nos vœux accorder ses désirs, Rien ne diffère plus nos innocens plaisirs : Estimez-nous déjà sous une loi commune.
Et venez consulter l'auteur de ma fortune; Il est chez Orimand.
LY SIMAWT.
Tous mes sens sont ravis.
Et, dans ce doux transport, je doute si je vis.