‹ uvres de Jean RotrouChapitre 235 sur 422 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SYLVIAN seul

JjEL astre de mes jours, en quels lieux écartés Tes yeux font-ils briller leurs divines clartés? Où te peux-tu cacher avec tant de himière, Bergère impitoyable, et sourde à ma prière? Las ! après de si longs et de si vains ennuis, Tu me plaindrois peut-être en l'état où je suis. D'un berger estimé dans tout le paysage , Abondant en troupeaux et riche en pâturage , Mon amour, dont l'ardeur m'oblige à te chercher, A fait , belle Diane , un malheureux cocher. J'ai changé pour te voir, sans juger que j'efface La gloire de mon nom et l'honneur de ma race, Au soin de deux chevaux le soin de cent brebis. Et mes habits de toile en ces honteux habits. Encor si j'obtenois un bien si délectable, Ce titre malheureux seroit plus supportable; Mais il n'empêche point notre désunion.

Et Diane se cache à son Endymion.

Mon espérance est vaine, on n'a point vu paroître L'éclat de ses rayons au logis de mon maître;

Tu n'es plus en son cœur, ses vœux sont refroidis ^

Il ne tlionore plus comme il a fait jadis;

Orante a captivé ce rival infidèle,

Et je lui vais porter.... Mais je vois cette belle,

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