‹ uvres de Jean RotrouChapitre 238 sur 422 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Il est près de mourir pour prouver son péché ; Pour prouver que tout cède à vos aimables charmes, Et qu'il n'est point d'objet si digne de nos larmes. Je les ai profanés de mots injurieux:

Mais que peut épargner un esprit furieux Qui se voit abusé d'une vaine promesse, Et son rival si près du lit de sa maîtresse? J'ai failli toutefois, et je n'ai pas dessein De détourner le coup qui m'ouvrira le sein.

OllANTE.

On pèche librement sous l'espoir de sa grâce,

Et nos simplicités excitent votre audace;

Avecque moins d'amour je pourrois plus sur vous,

Je serois absolue en votre esprit jaloux.

Un respect nécessaire aurait pu vous contraindre

A la discrétion de souffrir sans vous plaindre ;

Mais je vous aimois trop, et le feu violent

Que je vous témoignois vous a fait insolent.

Votre discrétion dépendoit de ma crainte;

Je devois témoigner d'être un peu moins atteinte:

On souffre avec respect une sévère loi ,

Et j'aurois fait pour vous, en travaillant pour moi.

Toutefois je suis bonne, et prendrai de mon père

La résolution de ce que je dois faire.

AllISTE.

O dieux! s'il fait cesser votre ressentiment, Quel bien est comparable à mon contentement?

(Ils sortent. )

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