SCÈNE III
ÉRIMAND,;?ère de CUonice , LA NOURRICE, GLÉONICE.
ÉRIMAND,
Ciel! si j'osois forcer ton respect qui me lie,
L'ingrat auroit la mort pour fruit de sa folie.
Ce jour seroit le pire et le dernier des siens.
Quoi, refuser le bras à de si beaux liens?
Stupide , à qui le sort offre avec des provinces
Un trésor amoureux que je refuse aux princes.
Sa prison te déplaît : ah ! ces lâches efforts
Te font indigne aussi de celle de ton corps;
Il faut , si tu te vois les sentimens si sombres ,
Si tu hais le soleil , t'envoyer chez les ombres.
Ma fille, unique espoir de mon âge penchant,
Hélas! que ta lumière est proche du couchant!
Dieux! contre ces assauts ma constance est sans armes \
En vain je l'opposois à ce torrent de larmes.
Veille à la rendre saine et soigne à ses amours ,
En conservant sa vie on conserve mes jours.