‹ uvres de Jean RotrouChapitre 26 sur 422 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ÉRIMAND,;?ère de CUonice , LA NOURRICE, GLÉONICE.

ÉRIMAND,

Ciel! si j'osois forcer ton respect qui me lie,

L'ingrat auroit la mort pour fruit de sa folie.

Ce jour seroit le pire et le dernier des siens.

Quoi, refuser le bras à de si beaux liens?

Stupide , à qui le sort offre avec des provinces

Un trésor amoureux que je refuse aux princes.

Sa prison te déplaît : ah ! ces lâches efforts

Te font indigne aussi de celle de ton corps;

Il faut , si tu te vois les sentimens si sombres ,

Si tu hais le soleil , t'envoyer chez les ombres.

Ma fille, unique espoir de mon âge penchant,

Hélas! que ta lumière est proche du couchant!

Dieux! contre ces assauts ma constance est sans armes \

En vain je l'opposois à ce torrent de larmes.

Veille à la rendre saine et soigne à ses amours ,

En conservant sa vie on conserve mes jours.

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