‹ uvres de Jean RotrouChapitre 269 sur 422 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

» Viens-y, contente mon espoir, » Avant que cette nuit se passe,

» Mais prends garde surtout que tu me sois fidèle : « Traitons l'amour secrètement; » Tu ne pourrois impunément » Désobliger ton Isabelle. »

L'esprit qui sommeillant se voit représentée La chose où son humeur de jour étoit portée, Qu'un beau songe déçoit par d'apparens appas, Qui, pensant beaucoup voir, en effet ne voit pas, Iliroit bien, me sachant en cette défiance. De vaines visions obtiennent sa croyance: Moi, je vois de mes yeux, et ma simplicité Me fait encor douter si c'est la vérité; Mais enfin je croirai que mes yeux sont fidèles, Et promets de servir ce miracle des belles. Que vous semble, Cléonte? ai-je vos soins déçus? Pouvez- vous assurer votre esprit là-dessus?

Non, non, c'est perdre temps que de flatter ma peine; Vous lisez Isabelle , il est écrit Hélène. Votre esprit m'est suspect : à d'autres, Clorimand; Je ne puis croire ici que mes yeux seulement.

CLORIMAND, /wi montrant la lettre.

Jugez donc par vos yeux si je suis véritable, Si de ces trahisons mon esprit est capable.

CLÉONTE, lisant.

Isabelle.... Ahl c'est tout, ce mot est trop puissant^ Et vient de relever mon espoir languissant. Pardonne, cher ami, ma crainte est criminelle;

Que je baise cent fois ce beau nom d'Isabelle;

Mon cœur par ces baisers n'est pas moins satisfait

Que tu seras baisant le yisage en effet.

Que je sois lionoré de cette confidence,

Crois que pour mes amis j'ai beaucoup de prudence,

Que je puis au besoin ma mémoire asservir,

Et que je ne sais rien qu'alors qu'il faut servir.

Flîf DU DEUXIEME ACTE,

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