‹ uvres de Jean RotrouChapitre 270 sur 422 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

(la nuit.)

LA REINE seule, a la fenêtre du jardin.

l/uoi ! tu n'es pas ici, cher espoir de ma vie? Ah ! que tu fais languir mon amoureuse envie ! Quel obstacle ce soir a retardé tes pas? Mon cœur , je vois la nuit , et je ne te vois pas» Mais las ! si par malheur il m'avoit reconnue , Et que cet accident empêchât sa venue ; Qu'en l'un des soirs passés il se fût aperçu Que dessous un faux nom mon amour l'a déçu; Que son cœur se flattoit d'une espérance vaine, Et qu'au lieu d'Isabelle il parloit à la reine? Qu'un semblable malheur me causeroit d'ennui! Que le jour pourroit bien venir plus tôt que lui! Que lui, qui jugeroit cette ruse suspecte, Bien loin de me chérir autant qu'il me respecte.. Je veux mieux espérer de la faveur des cieux.... Mais je sens le sommeil se couler sous mes yeux.

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