‹ uvres de Jean RotrouChapitre 271 sur 422 · SCÈNE IL CLORIMAND, CLÉONTE, LYSIS · texte numérisé non relu

SCÈNE IL CLORIMAND, CLÉONTE, LYSIS

CLORIMAWD.

J'ai cru que vous m'aimiez ; mais votre défiance , Cléonte , ne peut plus m'en laisser la croyance ; Car pourquoi voulez-vous accompagner mes pas , Si l'objet que je sers ne me le permet pas? M'importuner ici d'une assistance vaine, Et me la refuser quand je serois en peine, C'est me faire, Cléonte, un même déplaisir. M'aimant, ne suivez point mes pas, mais mon désir. Depuis long-temps déjà tout le monde sommeille, Et je fais trop languir cette jeune merveille. Que vous ai-je celé jamais à mon retour? Ah ! certes , voilà trop outrager mon amour.

CLÉOWTE.

Recevez-vous ainsi mon fidèle service?

Vous offrir du secours est-ce un mauvais office? Craindre, comme je fais, de vous voir en danger, Et qu'on ne vous outrage, est-ce vous outrager?

CLORIMAND.

Laissez de mon salut répondre mon courage,

Cléonte. C'est pour vous que vous craignez l'outrage ;

Votre jalouse humeur vous rend officieux;

Mais quittez vos soupçons, et me connoissez mieux.

Les attraits d'Isabelle ont mon âme charmée.

Et toute autre m'aimant ne seroit pas aimée.

J'aime , et j'ai du respect pour qui j'en dois avoir ;

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